Les saisons du cœur

Dimanche , 10, août 2014 Leave a comment

Les saisons du c_urLe shérif d’une petite ville texane, en 1953, se fait bêtement tuer par un jeune Noir complètement ivre. Le coupable, dessoûlé, est immédiatement lynché. Ce qui n’arrange rien pour la jeune veuve du policier, Edna (Sally Field), qui se retrouve seule pour élever ses deux enfants. C’est la crise, impossible de trouver du travail. Alors, en dépit de son banquier qui lui conseille de vendre sa ferme pour rembourser ses créanciers, elle décide de faire fructifier elle-même ce patrimoine. C’est une tâche surhumaine, mais elle l’entreprend avec l’aide de ses enfants, d’un vagabond noir qu’elle a hébergé et d’un jeune aveugle de guerre… On retrouve dans ces «Saisons du cœur» le ton, le style et l’inspiration d’un cinéma classique. Comme John Ford, Robert Benton(qui s’est fait connaître avec « Kramer contre Kramer »)excelle dans la description chaleureuse des petites gens, dans le contexte très particulier du Sud des années 30, l’époque de la grande dépression. Son parti-pris optimiste marque un retour aux anciennes valeurs idéalistes, voire religieuses : c’est un véritable hymne lyrique à la foi qui sauve une famille de la ruine comme elle transporte les montagnes. Et c’est une composition sensationnelle pour Sally Field en jeune mère Courage !

Je vous salue Marie

Marie aime Joseph qui aime Marie… La suite, c’est-à-dire les histoires de cœur du couple le plus connu de l’histoire après Adam et Eve et Stéphanie de Monaco et Anthony Delon, la suite donc, on la trouve dans la Bible. Apparaît alors Godard l’iconoclaste. Si l’excommunication était toujours de rigueur, il y a longtemps que Godard aurait rejoint l’enfer des damnés ! Car Marie est la fille d’un pompiste d’une station service, Joseph est chauffeur de taxi.Je vous salue Marie Marie attend un enfant et Joseph ne supporte pas l’idée qu’il ne soit pas de lui. De plus, la médecine est formelle : Marie est vierge. L’enfant naît (mais si, mais si) et il est même du genre turbulent ! Pas aussi turbulent que les spectateurs hostiles au film à sa sortie et qui ont assuré sa promotion et sa publicité en criant au blasphème. Pourtant, Godard est loin de traiter cette histoire avec vulgarité et obscénité. Au plus, il dérange et plonge dans une interrogation mystique qui ne regarde que lui. «Je vous salue Marie»n’est pas un chef-d’œuvre, mais une œuvre rare. Quant aux intégristes à l’esprit mal tourné qui ont vu dans ce film un outrage aux bonnes mœurs, ils n’ont pas le monopole de l’interprétation de laBible. Pas de quoi hurler au blasphème, pas de quoi se pâmer non plus devant ce film ni devant son interprétation. « Le livre de Marie » réalisé par Anne-Marie Mieville, interprété par Bruno Cremer, Aurore Clément et Rebecca Hampton, et qui précède « Je vous salue Marie », est dans un certain sens plus réussi.

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