Détective

Mardi , 16, décembre 2014 Leave a comment

Le hall d’un grand hôtel. Des ombres qui glissent en soft majeur. Et puis un boxeur, son manager ex-Tuteur looser, un crime pas clair, un détective et ses acolytes. L’histoire ? Quelle histoire ? C’est «Détective» de Jean-Luc Godard. Ca agace un peu. Tant mieux. C’est ponctué d’images qu’on aimerait avoir vues de ses propres yeux et de bribes de dialogues qu’on aimerait avoir inventées. C’est du meilleur et du pire… quelquefois juste au niveau de l’almanach Vermot dans le triturage incontournable du concept via la private joke. On a le droit d’être hermétique. C’est admis, même et surtout par Godard lui-même. On a aussi le droit de trouver ça extrêmement soporifique. Et puis Godard ne détient pas le monopole de l’intelligence. Mais ce que l’on peut difficilement contester, c’est que Godard est un grand cinéaste. Heureusement que les Américains, les Anglais et les autres nous le rappellent de temps en temps, sinon on serait tenté de l’assassiner en deux mots sous prétexte que l’on n’a pas tout compris au film. Même que Godard, il ricane en disant qu’il n’est pas français mais qu’il est suisse ! La touche Godard, on la reconnaît entre autres dans sa façon de diriger les acteurs à contre-emploi. Sous l’œil de sa caméra, Nathalie Baye, Johnny Hallyday, Stéphane Ferrara jouent autre chose que leurs propres rôles. Ils sont sous influence. Une bonne influence. Quand au récit lui-même, c’est une mélodie en sous-sol, triste et violente. Comme un rêve.

La corde raide

La corde raideLes derniers films d’Eastwood, avant «Pale rider», sont très symptomatiques des préoccupations de l’acteur et du cinéaste. Le beau Clint réalise et interprète, en 1982, «Honky tonk man» où il se donne un rôle de chanteur folk vagabond et tubar. Superbement mis en scène et possédant un charme très original, «Honky tonk man» est un échec commercial complet. Alors Eastwood reprend ses colts de flic macho-facho et signe un des triomphes de l’année 1983 avec «Sudden impact, le retour de l’inspecteur Harry». Que fait-il après ? Film d’auteur ou polar violent ? Les deux, mon cinéphile ! Car Eastwood, même s’il s’est contenté de produire et interpréter cette «Corde raide», montre qu’il a de la suite dans les idées. Un flic y traque un tueur de prostituées dans le quartier chaud de la Nouvelle-Orléans. Mais cet assassin, apparemment dément, a décidé d’initier le flic aux plaisirs troubles, plus ou moins sado-maso, du meurtre sexuel… Et il l’entraîne dans ses propres zones d’ombres. A force d’exaspérer sa libido, ne finit-on pas par engendrer des fantasmes de mort ? Et, de là à passer aux actes (aux meurtres !), il n’y a qu’un pas. A force de suivre ce tueur fou dont il comprend et par tage de plus en plus les motivations, le flic Eastwood finit par se demander s’il ne serait pas lui même le coupable. Mais, rassurez-vous, les mythes ont la vie dure et l’affrontement final ne décevra pas les purs et durs d’Eastwood, le justicier expéditif. Mais cette façon de jouer avec le feu, tout de même…

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